Les salariés de Renault obtiennent de justesse un intéressement

Les salariés de Renault obtiennent de justesse un intéressement


Le montant de l’intéressement des salariés de Renault dépend de la marge opérationnelle et sera donc en baisse cette année. Mais il a bien failli être réduit à zéro si le free cash-flow avait été négatif sur l’ensemble de l’année, comme au premier semestre.

 

 
 

 

La marge opérationnelle est l’élément clé du calcul de l’intéressement des salariés de Renault SAS. Les mauvais résultats de 2019 (4,8% de marge opérationnelle contre 6,3% en 2018) auront pour conséquence un intéressement en baisse de 25%.

 

La prime d’intéressement comporte une partie fixe (300 euros) et aussi une part variable calculée en fonction de la marge opérationnelle (soit 4,8% cette année) et du salaire de chacun. Elle représentera cette année moins qu’un treizième mois, à partir de 1 639 euros pour un salaire brut annuel de 24 000 euros.

 

Pour autant, il s’en est fallu de peu que l’intéressement soit réduit à zéro puisque la condition de son déclenchement est la réalisation sur l’année d’un free cash-flow positif qui mesure la capacité de l’entreprise à créer de la trésorerie.
Or au premier semestre, le free cash-flow opérationnel de l’automobile avait été négatif à hauteur de -716 millions d’euros. Après avoir confirmé en juillet être capable de revenir en positif sur l’ensemble de l’année, Renault avait ramèné en octobre ses ambitions à un free cash-flow positif au deuxième semestre mais sans garantie pour l’ensemble de l’année. Au final, Renault a annoncé vendredi un free cash-flow de 153 millions d'euros.

 

La lecture des résultats montre qu’il aurait tout aussi bien pu être négatif. Il n’a été de positif que grâce à une augmentation opportune des dividendes de RCI Banque passés de 200 millions d'euros en 2018 à 500 millions d’euros dont 450 millions d’acompte ont été versés à Renault en 2019.

 

"Les salariés n’auraient pas compris qu’il n’y ait pas d’intéressement. Après l’annonce du profit warning FO avait alerté par courrier officiel sur les risques d’une absence d’intéressement", souligne Mariette Rih, délégué syndicale central FO. "L’intéressement récompense le maintien de l’engagement des salariés. Il vient nourrir la confiance, notamment dans un contexte de turbulences, de transformation profonde et d’incertitudes. Renault ne peut se passer de l’implication de ses forces vives pour répondre aux enjeux colossaux du futur."

 

Les difficultés de Renault ne sont cependant pas terminées et l’annonce d’un plan d’économies de structures de 2 milliards d’euros sur les 3 prochaines années sera une nouvelle préoccupation pour les salairées.
D’autant plus que Clotilde Delbos n’a pas manié la langue de bois comme c’est souvent l’usage lors de ces conférences de presse. Interrogée sur d’éventuelles fermetures d’usines, la directrice générale par intérim a été claire : "Nous n’avons aucun tabou et nous n’excluons rien. Nous avons trop de capacité pour le volume que nous faisons que ce soit dans le monde ou en France."

 

"Le soulagement et la satisfaction d’avoir un intéressement a été de courte durée. Ce qui remonte du terrain c’est l’inquiétude. FO l’a fait savoir à la Direction, les salariés sont passés de l’inquiétude à la peur !", nous a dit Mariette Rih. "FO est mobilisée pour connaitre les intentions de la Direction concernant l’emploi et l’avenir de tous les sites notamment industriels en France."

 

Les mauvais résultats de cette année ont également fait d’autres victimes, si l’on peut dire. Déjà pénalisés par la baisse du cours de l’action, les actionnaires (dont l’Etat français) verront leur dividende divisé par plus de trois puisqu’il ne sera pour cette année que de 1,1 euro par action contre 3,55 euros l’année dernière.
Florence Lagarde

Source: autoactu.com